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La Réserve Naturelle regroupe une mosaïque de milieux naturels, renfermant une biodiversité riche et fragile.
Les milieux forestiers
LIBRE évolution

Recouvrant environ 400ha du site, le peuplement forestier correspond majoritairement à de la sapinière d’ombrée, le Sapin pectiné (Abies alba) représente l’essence dominante et s’échelonne jusqu’à environ 1900m d’altitude avant de laisser place à quelques îlots de Pin à crochets (Pinus uncitata) suspendus à des vires rocheuses. Le sous-étage est globalement recouvert par le Rhododendron ferrugineux (Rhododendron ferrugineum), parfois remplacé sur substrat instable par quelques fourrés d’essences pionnières comme le Bouleau verruqueux (Betula pendula), le Sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia), ou bien encore le Saule marsault (Salix caprea). Certaines parties du peuplement sont particulièrement favorables au développement d’espèces liées à la décomposition de sapins sur pied ou au sol comme la Buxbaumie verte (Buxbaumia viridis), le Polypore des montagnes (Bondarzewia mesentirica), ou bien encore l’Epipogon sans feuilles (Epipogium aphyllum) aux abords des petits ruisseaux ou suintements assez frais.

La libre évolution des forêts s’opère en conservant des zones forestières sans activité humaine, pour que la nature reprenne son cours.
Le Pic noir (Dryocopus martius) y retrouve ici son habitat typique lui permettant de s’alimenter d’insectes au creux des arbres ou directement dans les fourmilières de Formica lugubris. Bien que le massif soit assez haut perché, le Chat forestier (Felix sylvestris) y est de passage selon la saison et côtoie quelques autres carnivores comme la Martre des pins (Marte martes), le Blaireau européen (Meles meles) ou bien encore le Renard roux (Vulpes vulpes). Ce dernier doit certainement s’alimenter de Campagnol roussâtre (Myodes glareolus), Mulot sylvestre (Apodemus sylvatica) et de Mulot à collier (Apodemus flavicollis), tous trois inventoriés sur site. La Barbastelle d’Europe (Barbastellus barbastellus) et l’Oreillard gris (Plecotus austriacus) font d’ailleurs partie de ce cortège de micromammifères forestiers.
Dans le cortège des orthoptères, c’est le Barbitiste des bois (Barbitistes serricauda) qui est connu en lisière forestière. Espèce qui pourrait être considérée comme indicatrice des forêts matures puisque ne possédant pas d’ailes et liée de près au flux de bois dégradés pour y déposer ses œufs.
La dynamique forestière historique du massif a été longtemps été influencée par les activités d’exploitation forestière et les activités pastorales d’antan. La stratégie de conservation de la forêt établie au travers de la création de la Réserve Naturelle repose désormais sur un principe de libre évolution en zone cœur afin de retrouver des dynamiques naturelles, garantes d’une meilleure adaptation aux évolutions climatiques.