
patrimoine
Généralités
écosystèmes
La Réserve Naturelle regroupe une mosaïque de milieux naturels, renfermant une biodiversité riche et fragile.

Milieux de landes
et de pelouses

Les végétations qui s’expriment au sein des espaces ouverts de la Réserve Naturelle sont à l’image des estives pyrénéennes sur sol acide : pelouses à Nard raide (Nardus stricta) et Fétuque noirâtre (Festuca nigrescens), pelouses fermées à Gispet (alliance du Nardion strictae) accompagnées de landes montagnardes à subalpines plutôt fraîches à Rhododendron (Rhododendron ferrugineum), Bruyère (Calluna vulgaris), Myrtillier commun (Vaccinium myrtillus), Genévrier commun (Juniperus communis). Les quelques affleurements calcaires présents au sein du site permettent d’enrichir la diversité des pelouses avec des végétations plus thermophiles : pelouses maigres à Fétuque de Gautier (alliance du Festucion scopariae), pelouses en gradin à Fétuque eskia (Festuca eskia), tapis de lande à Raisin d’ours (Arctostaphylos uva-ursi), etc. Ces milieux ouverts fragmentés permettent l’observation remarquable du Géranium cendré (Geranium cinereum) ou bien encore de la Cystopteris des montagnes (Cystopteris montana) une petite fougère assez discrète, dont la fronde est aussi large que longue, contrairement aux autres représentantes du genre.

La diversité de la flore présente sur ces milieux permet à de nombreuses espèces de papillons et d’orthoptères de s’y développer, dont certaines espèces aujourd’hui en déclin.
La diversité de ces pelouses permet l’accueil d’une belle diversité d’orthoptères dont certains sont particulièrement alticoles comme le Gomphocère pyrénéen (Gomphoceridius brevipennis), la Miramelle des moraines (Podisma pedestris) et le Gomphocère des alpages (Gomphocerus sibiricus), trois criquets quasi-inféodés à l’étage arctico-alpin, commençant à apparaitre vers les 1850 mètres d’altitude.
Quelques espèces comme le Criquet des mouillères (Euchorthippus declivus), le Gomphocère roux (Gomphocerippus rufus) atteignent leurs limites altitudinales hautes (1801m) à la faveur de conditions très xéro-thermophiles. Certaines espèces présentent des intérêts patrimoniaux et des sensibilités fortes au réchauffement climatique. Parmi elles, la Miramelle alpestre (Miramella alpina), petit criquet des fourrés et végétations denses (mégaphorbiaie, landes variées). Classée « En Danger » sur la Liste Rouge des orthoptères d’Occitanie, l’OEdipode stridulante (Psophus stridulus) est également présente et localisée sur des faciès plutôt ensoleillés incluant souvent une proportion en recouvrement de pierres. Endémique des Pyrénées centrales, la Decticelle pyrénéenne (Metrioptera buyssoni) dont l’aire de répartition au niveau des Pyrénées est extrêmement limitée, fréquente également les pelouses et landes autour du lac.
La diversité de lépidoptères est également intéressante. Parmi le cortège d’espèces fréquentant les pelouses maigres d’altitude, trois sont classées « Vulnérable » sur la Liste Rouge des papillons de jour menacés en Occitanie : le Nacré subalpin (Boloria pales), le Moiré fontinal (Erebia pronoe) et le Candide (Colias phicomone). Le Moiré fontinal se retrouve surtout dans l’étage subalpin inférieur, tandis que le Nacré subalpin et le Candide sont des espèces très alticoles que l’on retrouve surtout dans le subalpin. À noter la présence du Petit sylvandre (Hipparchia alcyone) espèce non évaluée sur la Liste Rouge des papillons d’Occitanie, mais qui serait considérée vraisemblablement comme menacée en Occitanie. A noter que la Gorgone (Lasiommata petropolitana) et la Bacchante (Lopinga achine), deux espèces classées “En Danger” ont également été détectées aux abords des lisières forestières et clairières boisées xérophiles.
Au regard de l’histoire prégnante du pastoralisme dans les Pyrénées, il est fort à penser que ces “pelouses” étaient historiquement des forêts qui ont été défrichées de la main de l’homme pour y développer l’activité pastorale. Aujourd’hui ces écosystèmes sont particulièrement sensibles au cumul de pression d’herbivorie entre les ongulés domestiques et sauvages. Des pelouses “en bonne santé” sont des pelouses hautes et fleuries.